Cancer bronchique

Aujourd’hui, le cancer bronchique est celui qui tue le plus de patients dans le monde et en France où on enregistre une incidence de 38000 patients par an et 32000 morts. Ces chiffres sont liés à des politiques de prévention insuffisantes, à un diagnostic souvent trop tardif et à des traitements d’efficacité limitée. Ces dernières années ont vu se réaliser de nombreux progrès qui permettent désormais de regarder cette pathologie avec un peu plus d’optimisme.

La lutte contre le tabagisme, en particulier des jeunes, et des femmes (cibles « préférées » de l’industrie du tabac) est un enjeu majeur et tous les acteurs de santé, politiques et citoyens doivent s’engager dans ce combat qui portera ces fruits dans quelques années comme c’est le cas dans de nombreux pays anglo-saxons. L’identification de personnes à risque (fumeurs, exposition professionnelle) et l’amélioration des techniques de dépistage (scanner) permettent également de diagnostiquer des cancers à un stade plus précoce et donc plus facile à opérer et à guérir. Le dépistage n’est néanmoins pas encore systématique et de nouveaux outils tels que des tests sanguins ou sur l’air exhalé devraient encore améliorer l’efficacité du dépistage. Pour les maladies localisées, la chirurgie (avec robot ou avec des incisions moins large) ainsi que la radiothérapie (plus ciblée sur la tumeur) ont fait de grands progrès ces dernières années permettant de traiter plus de malades. Enfin, la meilleure connaissance des mécanismes biologiques qui sont associés aux cancers a permis de développer des traitements ciblés dont l’efficacité et la tolérance sont meilleures que les chimiothérapies mais qui s’adressent à des patients sélectionnés. Encore plus récemment, des molécules réactivant les défenses immunitaires de l’organisme face à la tumeur ont montré leur intérêt. Toutes ces nouvelles armes thérapeutiques ne sont pas concurrentes mais doivent être parfois utilisées de manière combinée.

On attend que ces progrès se traduisent en diminution des décès liés aux cancers du poumon et que ce cancer n’ait plus l’image négative qui lui est souvent attribuée. C’est dans ce sens que s’inscrit le projet Mai Poumon qui vise à mieux faire connaitre cette pathologie et à mieux informer le public, les malades et leur entourage des nouveautés thérapeutiques.

Julien Mazières,
Service Pneumologie, Hôpital Larrey, CHU Toulouse.